mardi 22 avril 2014

Les Anis de Flavigny


Flavinius le Romain...

Aux alentours de 52 avant Jésus-Christ, César, futur empereur romain, offrit des terres à quelques-uns de ses soldats vétérans suite à sa victoire sur les Gaules. Flavinius reçut une colline qui porta son nom, Flaviniacum, nommée aujourd'hui Flavigny. César emmenant avec lui des graines d'anis pour soigner ses troupes, c'est probablement à ce moment là que l'histoire de notre bonbon commence.
Widerard le Burgonde...

Plus tard, les Burgondes, tribu germano-scandinave, envahissent la région. Rome les autorisera officiellement à s’installer dans cette région à laquelle ils laisseront leur nom : la Bourgogne. Corbon, seigneur burgonde, fit alors construire à Flavigny un castellum, place forte chargée de la sécurité et de la surveillance des voies de communication sur les lieux de la villæ de Flavinius.
Sous le règne de Clovis (465-511), sera fondée la première abbaye à Flavigny. La Bourgogne sera ensuite annexée en 534 au royaume Franc. Vite détruite, l’abbaye sera à nouveau bâtie en 719 par Widerard, fils de Corbon et chrétien. C'est Widerard qui aurait transporté à Flavigny une communauté monastique. Il en deviendra le second abbé. Les moines de Flavigny obéissent à la règle de saint Benoît, qui vise à harmoniser le temps des moines entre la prière, le travail manuel, les études dans un cadre de vie communautaire et un esprit de modération.


Charlemagne et l’abbaye

Nous sommes sous le règne de Charlemagne (747-814), animateur d'une véritable renaissance culturelle ; l’abbaye prend alors rapidement son essor. "Dès 733, Lyon et la Bourgogne sont sous le joug de Charles Martel. Celui-ci délégua une part de son autorité à son fils Pépin le Bref ; les comtés furent donnés à des parents ou à des fidèles… et des abbayes comme Flavigny devinrent les plus efficaces relais du pouvoir" (Stéphane Lebecq "les Origines Franques", Le Seuil, 1990). Flavigny se trouve mêlé aux réformes liturgiques engagées par le pouvoir, plusieurs manuscrits sont attribués à son scriptorium.


Des moines sculpteurs et bâtisseurs

Dès 776, le Laus Perennis, louange chantée de jour comme de nuit par les moines, sans interruption pendant plus de 200 ans, témoigne de la grandeur de l’abbaye. Le culte médiéval des reliques a fortement contribué à la prospérité de l’abbaye vers laquelle affluaient les pèlerins des sources, pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, pèlerins de Sainte-Reine. Ils représentent vite une foule qu’il faut nourrir, héberger, soigner. Il y aura jusqu'à trois hôpitaux dans les faubourgs de Flavigny.

  L’église de l’Abbaye Saint-Pierre de Flavigny fut solennellement consacrée par le Pape Jean VIII le 28 octobre 878. Chaque année "la foire de la Saint-Simon" a encore lieu au village à cette date.
Entre 1230 et 1250, l’Abbaye développe un important atelier de sculpture qui a pu travailler simultanément sur plusieurs autres chantiers, tel que Saint-Père-sous-Vézelay (1235-1245), Saint-Thibault (1240-1250), Notre Dame de Cluny (après 1233), l’église paroissiale de Saint-Genest à Flavigny, Rougemont, Molesme, Minot ou Aignay-le-Duc.
Les sculptures retrouvées, comme la clef de voûte à l’agneau, sont exposées au dépôt lapidaire de l’abbaye de Flavigny.
En épousant Marguerite de Provence, Saint Louis accueille en son Palais toute une suite de poètes, apothicaires et confiseurs, sévèrement régie par Blanche de Castille, la mère du roi. De nouvelles recettes utilisent l’anis, au grand plaisir des Anysetiers de la rue Vieille du Temple. La petite dragée de sucre enrobant une graine d’anis fut fort appréciée par les dames de la cour et fut rebaptisée "dragée à la reine" pour ne faire point de jaloux.
En 1359, les Anglais assiègent Flavigny pendant six semaines. L’abbaye est pillée. Les troubles des temps qui suivirent jusqu’aux guerres de religion rendirent nécessaire la construction d’une vaste enceinte fortifiée entourant l’abbaye et ses dépendances.

1789 : la fin de la communauté monastique

À la Révolution française, il ne reste plus que cinq moines à l’abbaye, alors qu’elle devait en compter soixante pendant les deux siècles où a été pratiqué le Laus Perennis. L’église fut en grande partie détruite et tout le domaine fut morcelé en propriétés privées, tandis que les constructions monastiques étaient en partie utilisées par la fabrique d'Anis.

   

En 1814, on dénombre huit fabricants d’Anis qui avaient pris la relève des moines à la fabrication du bonbon dans le village et dans l’abbaye. En 1846, la turbine à dragée remplace l’antique "branlante".
Peu à peu, un seul fabricant, Monsieur Jacques Edmond Galimard acheta les autres fabriques d’Anis du village pour n’en former plus qu’une seule au sein de l’ancienne abbaye.
En 1870, 20 tonnes d’Anis de l'Abbaye de Flavigny ® sont fabriquées ; en 1900, 30 tonnes ;
en 1910, 50 tonnes, distribuées un peu partout en France et déjà à l’exportation.
C'est ainsi, qu’aujourd’hui comme hier, riche du savoir-faire hérité des moines de l’Abbaye, toute l’équipe de la fabrique s’anime avec la même envie de faire vivre Les Anis ®.

       
Pour en savoir plus...

Vous pouvez télécharger les panneaux présents tout au long de la visite de la crypte de l'Abbaye à Flavigny :


Flavigny : 2000 ans d’histoire


L'abbaye au fil des sièclesLe quotidien des moines


Une école de sculpture pré-romaneLa légende de sainte Reine




Une graine d’anis...

Notre bonbon est fabriqué avec de l’anis vert. Il s’agit d’une plante, Pimpinella anisum qui est à distinguer du fenouil (le légume) ou de l’anis étoilé (la badiane de Chine, fruit d’un arbre exotique).




L’anis dont nous parlons est une ombellifère et ses petits fruits ovoïdes, striés longitudinalement, ont une saveur chaude, piquante et une odeur remarquablement aromatique. Nous choisissons nos graines d’anis vert, au mois d’août, après leur récolte en provenance d’Espagne, de Tunisie, de Turquie, de Syrie...
... du sucre...

Puis nous mettons les graines dans les grandes bassines et faisons couler un sirop de sucre (de l’eau et du sucre) sur celles-ci. Les graines roulent, peu à peu elles se couvrent de fines couches successives de sirop, un peu comme des boules de neige qui grossissent au fur et à mesure qu’elles dévalent une pente enneigée. Cette rotation dans les bassines permet également aux bonbons de se lisser, un peu comme des galets bercés sur la plage par les vagues incessantes de la mer. Il s’agit d’un travail délicat et patient. il faut 15 jours au dragéiste pour faire passer la petite graine d’à peine deux milligrammes au bonbon d’un gramme.




Nous utilisons du sucre blanc depuis la découverte du sucre de betterave (aux alentours de 1600).

Avant cela, nous utilisions du sucre de canne (d’une couleur légèrement grise rousse). Darius, de retour d’expédition en Indes (510 avant J.-C.), appelait la canne à sucre « le roseau qui donne du miel sans le concours des abeilles ! ».

Nous préparons toujours Les Anis ® avec du sucre de canne non raffiné, dans une collection certifiée biologique par Ecocert.





Les Anis de Flavigny ® se déclinent avec dix saveurs différentes : l’anis bien sûr, mais aussi le cassis, le citron, la fleur d’oranger, le gingembre, la mandarine, la menthe, la réglisse, la rose et la violette.

Le goût des boissons anisées fut introduit sur les bords de la Méditerranée, sous l’Antiquité, au gré des dominations turques et helléniques. La culture de l’anis s’est ainsi peu à peu étendue à tout le bassin méditerranéen.

Après l’Anis à l’anis vint l’Anis à la rose, suivi des autres arômes. En 1800, les Anis de l’Abbaye de Flavigny ® existaient déjà en une généreuse déclinaison d'arômes.

Nos arômes naturels sont extraits de végétaux par distillation à la vapeur d’eau ou à l’alcool.Pour la menthe, par exemple, les feuilles sont déposées dans un alambic, puis l’eau est chauffée. La vapeur d’eau ainsi développée traverse les feuilles et se charge de l’huile essentielle de menthe. L’huile essentielle est récupérée, après le passage dans le col de cygne, lorsque le conduit traverse un bain d’eau froide.

Pour faire un litre d’essence naturelle de néroli (essence de la fleur d’oranger), il faut une tonne de pétales de fleurs d’orangers (l’arbre, l’oranger, s’appelle un bigaradier). Pour faire un litre d’essence naturelle de rose il faut deux tonnes de pétales de roses.

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